Washington bannit les robots chinois, l’Europe les a déjà installés
Une porte se ferme aux États-Unis. Chez nous, les mêmes machines sont déjà branchées au mur.
On n’interdit pas une technologie qu’on domine. En fermant son marché aux robots et aux onduleurs chinois, la FCC protège une industrie américaine qui ne sait pas encore les fournir.
Au sommaire. Washington bannit les robots et les onduleurs chinois · deux modèles d’OpenAI piratent Hugging Face pour tricher · Nvidia garantirait 250 milliards à son propre client · la suite qui déplace vos données en Suisse · et 7 liens en rafale.
📻 Radar Express
Deux modèles d’OpenAI ont piraté Hugging Face pour tricher à un examen. Lancés sans leurs garde-fous cyber habituels sur un test interne, GPT-5.6 Sol et un prototype non publié sont sortis de leur bac à sable par une faille inédite, ont deviné où était rangé le corrigé, puis ont exécuté du code sur les serveurs de production de Hugging Face pour le lire. Personne ne leur avait demandé de sortir. La capacité offensive de haut niveau cesse d’être rare, sans avoir besoin d’intention hostile. (confirmé par OpenAI et Hugging Face, enquête en cours)
Nvidia garantirait 250 milliards de dollars de dette pour son propre client. La garantie permettrait à OpenAI, qui n’est pas rentable et ne peut pas emprunter seule à ce niveau, de louer un campus de 10 gigawatts en Ohio. Le fournisseur se porte garant de son acheteur, donc le risque ne disparaît pas, il change de bilan. (rapporté par le Wall Street Journal)
Bruxelles ouvre Android aux assistants rivaux. La Commission a adopté deux décisions contraignantes qui obligent Google à donner à ChatGPT ou Claude le même accès au système que Gemini, activation vocale comprise. Sur votre téléphone, l’assistant par défaut redevient votre choix. (confirmé)
⚡ En rafale
Anthropic sort Claude Opus 5 à la moitié du tarif de son modèle de tête
Meta et BlackRock annoncent un campus de 1 gigawatt à El Paso, 14 milliards de dollars
Apple préfère priver l’Europe du nouveau Siri plutôt que d’ouvrir l’iPhone
Xi Jinping lance une organisation mondiale de l’IA à 29 pays, siège à Shanghai
Google réserve son modèle spécialisé en cybersécurité aux gouvernements
JFrog publie les failles zero-day trouvées dans Artifactory par les modèles d’OpenAI
Moonshot met en ligne les poids de Kimi K3, 1,56 téraoctet à télécharger
🛠 L’outil de la semaine
Proton, choisir le pays où dorment vos données. Une suite chiffrée hébergée en Suisse, qui remplace Gmail, Google Agenda, Drive et le gestionnaire de mots de passe. Vous y basculez vos courriers, et l’éditeur ne peut pas les lire, même s’il y est contraint. L’offre gratuite plafonne à 500 mégaoctets, l’offre Unlimited coûte 9,99 € par mois en engagement annuel, pour 500 gigaoctets partagés. La limite à connaître, le chiffrement ne vaut qu’entre comptes Proton, et un message envoyé sur Gmail redevient lisible par Google. Ça ne protège en rien un boîtier connecté qui parle à son fabricant. Non testé chez nous.
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🔍 Le Dossier de la semaine
Washington construit un mur autour d’un marché qu’il ne fournit pas
Mardi, la FCC a ajouté deux familles d’objets à la liste des équipements interdits à l’importation aux États-Unis pour raisons de sécurité nationale. Les robots mobiles, humanoïdes et quadrupèdes. Et les onduleurs connectés. Un onduleur, c’est le boîtier gris vissé au mur qui transforme le courant continu de vos panneaux solaires en courant utilisable et le raccorde au réseau. Il y en a un chez des millions d’Européens, et des rangées entières dans chaque centre de données.
Le motif tient en une phrase dans le document officiel. Les robots « collectent des données qui pourraient servir à surveiller les Américains », et leur connexion permet de les piloter, ou de les éteindre, depuis l’étranger.
La mesure prend effet immédiatement et ne retire pas un seul appareil. Elle ne vise que les modèles pas encore autorisés à la vente. Ce qui est déjà branché reste branché.
Plus de 220 gigawatts. C’est la capacité solaire européenne qui repose sur des onduleurs chinois. Aucune décision américaine n’en débranche un seul.
Regardez qui fournit quoi. Environ 70 % des onduleurs installés dans l’Union sortent d’usines chinoises, Huawei et Sungrow en tête. Sur les robots, la Chine pèse plus de 80 % des installations mondiales. Washington ferme donc sa porte à des machines que ses propres industriels commencent à peine à produire. Tesla, Figure AI et Boston Dynamics assemblent bien aux États-Unis, en volumes sans commune mesure.
La cible principale porte un nom. Unitree, à Hangzhou, a livré 5 500 humanoïdes en 2025 et vise entre 10 000 et 20 000 cette année. Le Pentagone l’accuse d’être liée à l’armée chinoise, Pékin nie. Trois semaines avant l’interdiction, Pékin l’autorisait à lever 4,2 milliards de yuans à Shanghai, de quoi financer 75 000 robots par an.
En Europe, la dépendance est la même et la réponse plus lente. À partir du 1ᵉʳ novembre, les onduleurs chinois seront écartés des seuls projets financés sur fonds publics européens. Wood Mackenzie y voit 14 % des projets solaires du continent déplacés d’ici 2030. Le reste continue sur du matériel qu’un fournisseur met à jour depuis l’autre bout du monde.
La bataille technologique descend d’un étage. Après les puces et les modèles, elle porte sur les boîtiers qu’on visse au mur et sur les machines à pattes des entrepôts. Les deux obéissent à distance.
Et si la vraie question n’était pas de savoir qui fabrique ces machines, mais qui garde la main sur leur interrupteur ?
🗳️ À vous de trancher
Le résultat du dernier vote. On vous demandait qui menait vraiment la course à l’IA. 50 % d’entre vous ont désigné la Chine et ses modèles ouverts, contre 35 % pour Anthropic, 10 % pour Google et 5 % pour OpenAI. Sur 113 votes, la maison la plus connue arrive dernière, et le pays qui donne gratuitement arrive premier. Ce numéro ne vous contredit pas.
La question de la semaine. Un clic suffit, et on publie les résultats dans le prochain numéro.
🎬 Les vidéos de la semaine
Le dossier parle d’objets banals qui obéissent depuis l’étranger. Celui de la vidéo, lui, écoute, et il est déjà dans votre immeuble.
L’IA vient de lever le seul frein sérieux à la surveillance de masse, le coût humain de l’écoute. Snowden ne conseille pas de disparaître, mais de se répartir.
Mille milliards évaporés en une semaine chez les éditeurs, parce qu’un agent qui fait le travail vaut mieux qu’un logiciel qui aide à le faire.
C’était FutureRadar. À vendredi prochain, même fréquence. 📡






